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                                    Elisabeth et Loïc

 
           date de l’accouchement : 9 août 97
           date du terme prévu : 14 août 97



     Quand j’avais 13 ans, ma mère nous a amené ma sœur et moi voir un film, qui s’intitulait : « Regarde, elle a les yeux grands ouverts » sur le droit des femmes à l’avortement. Ce film était un hymne à la vie, et il y avait une séquence très belle, sur une femme qui accouchait chez elle, entourée de ses proches ; j’avais trouvé ça vraiment super. , et je m’était dit, que plus tard, quand je serais grande, moi aussi j’accoucherai chez moi, entourée de ma famille.

Pourtant quand je suis tombée enceinte, nous avons décidé Loïc et moi d’accoucher à l’hôpital ou la clinique.

Un peu à cause du manque de temps, un peu parce que nous n’étions pas installé, et surtout parce que c’était le premier, et on-ne-sait-jamais-s’il-arrivait-quoi-que-ce-soit.

En fait, ma sœur jumelle ayant eu deux césariennes, j’avais un peu peur... et puis toutes les femmes que je rencontraient avaient accouché dans un lieu médicalisé, il n’y avait pas d’autre alternative. Loïc non plus, n’était pas chaud pour se lancer dans une telle aventure.

Je pense que si nous avions eu un peu plus d’informations, nous aurions fait un autre choix. Nous avons commencé l’haptonomie à tours, et continué à La Rochelle avec une homéopathe. Nous cherchions aussi de quoi nous loger.

Un peu plus tard nous avons trouvé un studio mezzanine, dans un petit village que nous connaissions bien. Enfin un endroit pour accueillir notre bébé

Je me penchais alors un peu plus sur la question de l’accouchement. J’étais à 7 mois de grossesse.

JE me suis rendu compte que l’hôpital et la clinique n’étaient pas des lieux idéaux pour accoucher de façon naturelle ! A ma grande stupéfaction ! !

L’hôpital de La Rochelle où j’ai eu deux rendez-vous avec une obstétricienne m’a fait un peu paniquer. Elle enfilait ses rendez-vous les uns après les autres, il n’y avait aucun dialogue, et pas de chaleur. Je n’étais pour elle qu’une patiente. « Vous allez avoir un gros bébé », m’a-t-elle dit au 2ème rendez-vous, « il faut que vous alliez voir l’anesthésiste pour la péridurale. » Je suis partie en courant.

Je me sentais alors très seule. Je me demandais où j’allais pouvoir accoucher. JE lisais pas mal, et des femmes me racontaient leur accouchement, très succinctement, de peur de m’effrayer. C’était assez évasif et cela me posait questions ! Une copine qui venait d’accoucher m’a dit « Tu verras c’est génial ! Tu vas adorer ça ! C’est vraiment une expérience fantastique, magique... ». C’est la seule chose qui m’a donné du courage, et qui m’a montré un côté positif de l’accouchement (naturel bien sûr).

Une autre aie me parle d’une sage-femme qui l’a préparé chez elle avant de l’accompagner à l’hôpital, où finalement elle l’a accouchée.

Je reprends courage et la contacte. Elle habite sur un voilier, et me reçoit dessus. Je lui explique comment je vois mon accouchement. Je suis au bord des larmes, et j’espère beaucoup en elle. Elle me dit qu’à Rochefort où elle travaille je peux accoucher comme je le désire. Elle peut nous faire visiter le service le samedi suivant. Je suis soulagée, je vais pouvoir accoucher quelques part !

Nous y allons, et elle nous fait visiter la salle d’auscultation, les deux salles d’accouchement et l’endroit où l’on pèse les bébés. Elle me montre comment on peut installer la table d’accouchement de façon à être assise en hauteur, afin que la sage-femme puisse avoir vue sur périnée ! Elle me dit que je peux apporter des disques, me montre la baignoire, et me demande si j’ai un obstétricien qui me suit. Comme je n’en ai pas elle me conseille M. Dia. Puis elle se met à parler, à parler. Quand je lui demande comment éviter une épisiotomie que je refuse, elle me montre de l’impatience : elle connaît son métier. Alors je me tais. Et nous l’écoutons encore et encore/ JE me sens très mal à l’aise. Je m’étonne que ni Annie, la sage-femme, ni Loïc ne s’en rende compte. Que faisons nous là à l’écouter parler, ne serait-ce pas à moi de m’exprimer ? ?

Enfin nous quittons l’hôpital avec son numéro de portable, où nous pourrons la joindre le jour décisif, et elle viendra me préparer à la maison si elle n’est pas de garde, ou bien s’occupera de moi à l’hôpital.
Je suis dégagée d’un gros poids.

Monsieur Dia, l’obstétricien est très décontracté et très sympa. Chaque consultation est un bon moment. Il me demande ma pointure, car d’après lui on a le bassin de nos pieds ! Et moi ça va !

il me dit que l’hôpital de Rochefort a un taux très bas en péridurale, c’est une fierté. Je me sens en accord, c’est agréable, et il ne me juge pas. Bon, je ne dis pas tout non plus !

Agnès ma grande sœur qui a accoucher chez elle à Tarbes, m’explique quelques petites choses pour me préparer à l’accouchement : Prendre un jus de citron tous les matin, supprimer le sel, la viande et les produits laitiers pendant les deux derniers mois.

Je prends aussi des granule homéopathique que mon médecin m’a prescrit pour favoriser l’ouverture du périnée.

Je me sens bien, confiante, sereine. Les deux derniers mois passent vite. Je fais du vélo, je nage, et j’ai repris la conduite ! !

 Le vendredi 8 août au soir, pendant le repas, je sens un liquide couler entre mes jambes. Je pense à l’eau de mer, m’étant baigné l’après-midi. Mais cela continue, alors j’en parle à Loïc, et on se demande si ce n’est pas le liquide amniotique. Je décide de goûter pour être sûr. C’est un goût tout autre que salin, mais bien plutôt douceâtre ! Nous commençons à rigoler d’excitation, Loïc regarde dans le livre : Hé oui, en cas de perte des eaux, il faut se rendre à l’hôpital ! Nous sommes complètement excité, nous finissons notre repas en rigolant comme des fous. Loïc va téléphoner à Annie, elle est à l’hôpital, super ! ! Et nous dit de ne pas trop se presser, nous avons le temps. Nous sommes très excités, fébriles. LE sac est prêt, on tourne en rond ! Nous faisons le tour du pâté de maison, puis on n’y tient plus, nous partons vers 23h. Le liquide coule toujours, et je sens mon ventre qui se durcit en petites contractions. Nous arrivons à Rochefort à 23h30 et Annie nous accueille. Elle me fait entrer dans la salle d’auscultation et renvoie Loïc faire les papiers d’admission. Elle me dit que je suis à deux doigts, que la poche des eaux n’est pas percée mais sûrement fendue ; puis : « Zut, maintenant elle l’est ! mes ongles sont trop longs ! ! » me dit-elle avec un grand sourire d’excuse ! Elle me met le monitoring et écoute le cœur du bébé : « tout va bien ». Elle me donne quelques couches et m’accompagne dans ma chambre en me disant que l’on verra demain où ça en est ; qu’il faut que j’essaye de dormir et me montre la sonnette avec laquelle je peux l’appeler quand je veux. On se retrouve seuls dans la chambre, Loïc et moi . On se dit que l’on aurait pu rester à la maison. Je ne peux pas dormir, je laisse le lit à Loïc. Et je fais les cents pas dans la chambre. Je n’ose pas sortir de cette pièce, et aller arpenter le couloir, de peur que l’on me renvoie dans la chambre en me charriant. Je marche, je marche pour favoriser l’ouverture du col : c’est mon obsession ; ma sœur jumelle ayant eu deux césariennes à cause de la non ouverture de son col. Et moi, je n’en veux vraiment pas ! Je prends aussi des granules homéopathiques. Mes contractions deviennent plus douloureuses, je remarque que quand je suis assise elle le sont moins. Je m’assoies à chacune d’elles. Vers quatre heures je réveille Loïc pour que nous fassions quelques mouvements haptonomiques. Mais Loïc est si fatigué qu’on arrête vite et il se rendort. Je gère toute seule mes contractions, je parle au bébé, j’appose mes mains sur mon ventre et l’invite à se diriger vers le périnée. La nuit passe.

Annie vient me voir au petit matin, me demande comment je vais, m’ausculte et me dit que le col s’ouvre . Elle me propose de me déshabiller complètement pour être plus à l’aise. Elle me pose quelques questions sur mes contractions et suppose l’accouchement vers 16h. 16h ! ! ça va être long ! Elle me dit qu’elle fini sa garde à 8 h mais restera pour suivre mon accouchement jusqu’au bout. Je lui en suis très reconnaissante. Elle me montre aussi quelques postures pour me soulager, et les pincés de doigt aux reins qui me font beaucoup de bien.

Elle reste avec mi le temps que Loïc aille prendre un petit déjeuner (dont je n’ai pas droit) et acheter la fameuse bombe d’eau vaporisante. Je suis obligée d’écouter son flots de paroles qui ne tari pas.

Après j’ai droit à une séance de monitoring, qui me met en horreur. Je ne voit trop l’utilité de cet appareil à part m’empêcher de bouger. On m’assure que c’est nécessaire pour juger l’ampleur des contractions et vérifier si bébé va bien ! Et maman alors ? Mes contractions ne sont pas régulières (et ne l’ont jamais été par la suite) et je trouve que le cœur du bébé bat sans problème : pourquoi 20 mn ? C’est très long surtout dans cette position allongée qui m’empêche de bouger, de me lever, de me déplacer : tout ce que j’ai envie de faire ! !

 

 

 

 

 

Annie se moque de mes granules homéopathiques, et me dit : «  Si ça peut te rassurer, après tout ! » Et elle rit (Quel tact !)

Elle nous quitte, Loïc reprend le relais des petits massages : Toutes mes contractions sont rassemblée dans mon dos. Il me parle doucement, m’encourage. Je commence à comprendre ce que c’est qu’un accouchement !

Annie repasse avant midi pour m’ausculter et s’en va déjeuner.. Loïc s’en ira un peu plus tard. Je reste seule un moment. J’ai hâte d’en voir la fin, même si j’accepte entièrement le déroulement de mon accouchement.

Je suis dans un état où je suis toute à moi, toute à ma gestion de ma douleur. Je marche entre chaque contractions, je parle au bébé : Je lui dis, comme je suis heureuse et impatiente de l’accueillir, comme je l’aime.

Ce qui se passe autour de moi est comme caché par un voile. L’après-midi commence, 16 h arrive et le bébé prend son temps. Il est encore très haut !

Hé horreur ! Je dois encore subir une séance de monitoring.

C’est ahurissant comme mes contractions sont insupportables dans cette position. J’ai beaucoup de mal à les gérer. J’ai tellement envie de bouger !

J’essaye de souffler doucement à chacune d’elles, mais le plus souvent je bloque tout. Loïc me le rappelle et me masse le dos. J’ai envie d’arracher ce monitoring et de crier «  MAIS A QUOI SERT CE TRUC ! CE N’EST QU’UN INSTRUMENT DE TORTURE ! »

Enfin Annie revient pour m’enlever le monitoring. Elle me propose un bain, que j’accepte comme un réconfort.. Elle me dit que je peux prendre une douche en attendant. La douche me fait du bien, très chaude sur les reins. Puis Loïc et Annie m’emmène au bain. Ils me soutiennent des deux côtés, et on s’arrête à chaque contractions. Il faut tout me dire. J’ai perdu le contact. J’accepte tout. L’eau du bain est trop froide, il faut en rajouter beaucoup et de la très chaude. Mais cela ne suffit pas, le monitoring m’a vraiment fait trop souffrir et je ne supporte plus la position allongée. Annie accapare Loïc dans sa discussion . Je me sens un peu isolée. Au bout d’un moment je demande à sortir. Nous allons en salle d’accouchement. Annie baisse les rideaux, nous sommes dans une douce pénombre, c’est agréable.

La table n’est pas en position assise. JE le dis. Mais Annie me dit d’un ton sans réplique que je serai mieux semi-allongée.

J’ai tellement mal que j’accepte tout, même cette position que je ne supporte pas, Même cette piqûre qu’elle me fait dans les fesses en me répondant « quelle me fera du bien ». Je ne me sens pas différente et je replonge dans ma douleur.

C’est encore long. Je remarque que Annie a mis de la musique. J’essaie d’écouter, mais je suis trop à côté du monde, dans le stress de la prochaine contraction. Annie me tend un masque à respirer. Annie me tend un masque à respirer. « Un petit mélange d’oxygène et d’azote, très détendant et euphorisant » me dit-elle avec un clin d’œil entendu !

Mais ce masque m’isole encore plus. Pourquoi Loïc n’est pas prêt de moi. J’aimerai l’avoir tout prêt, derrière moi, comment en haptonomie. Mais il discute avec Annie, là-bas. De temps en temps je l’appelle, il vient me voir, puis repart. Plus tard il me dira que parler avec Annie lui permettait de se détendre, et faire en sorte qu’il quitte le stress qui l’habitait.

Et puis tout à coup me vient une irrésistible envie de pousser. Je pousse et ça me fait beaucoup de bien. Quand je le dit à Annie, elle m’enlève e masque (coquine, tu pousses avec le masque !)

Loïc vient à ma droite. Elle me dit qu’à chaque contraction il faut que je me redresse, attrape mes chevilles et que je pousse !

Cet exercice est trop dur, Loïc doit m’aider à chaque poussée, et quand je pousse je bloque, je n’arrive pas à souffler doucement. La douleur est tout à fait supportable maintenant que je pousse. Annie me demande si je vaux voir ce qui ce passe avec un miroir ; oui, oui, je veux voir. Et voici un petit rond de cheveux qui me donne un regain d’énergie pour pousser plus longtemps. Annie passe ses doigts autour du périnée ou de la tête du bébé, je ne sais pas trop, avec du savon liquide.

Ca y est, la tête va sortir, il ne faut plus que je pousse pour éviter la déchirure . C’est très dur à contrôler, tellement le désir de pousser est fort. Et voilà la tête sortie, puis tout le corps glisse et atterri sur mon ventre. Quelle sublime sensation !

Il est 19H04.

Je caresse ce petit corps, je le regarde avec joie. Il ouvre un œil, puis deux et me regarde intensément, un long échange s’en suis. Je ris de plaisir, Loïc aussi, c’est fantastique, on est vraiment très heureux.

Annie nous demande si on veut savoir si c’est une fille ou un garçon, mais je sais déjà que c’est un garçon : Philémon.

Loïc coupe le cordon et puis en deux contractions le placenta sort.

Annie le montre à Loïc puis à moi.

C’est une masse rouge et bleue, spongieuse. Le cordon et blanc translucide et très gros.

Puis elle va sous la lumière vérifier s’il ne manque pas un morceau. Annie me recoud ensuite deux petites déchirures qui se sont faite à l’expulsion Elle me dit : « Je te fais deux petits points, mais c’est pour l’esthétisme, parce que vraiment elles sont petites. »

L’obstétricien qui passait par là, vient me féliciter. Puis Annie prend Philémon pour lui faire un petit examen. Elle l’aspire avec un petit tuyau, je regarde et me demande pourquoi a-t-on besoin de lui faire ça ?

Le bain arrive, Loïc trempe Philémon dedans, puis il vont le mesurer et le peser. : beau bébé de 3kg 450 et 52 cm.

J’ai hâte de le retrouver sur moi.

Annie me lave au jet, puis m’accompagne dans mon lit qui a été amené dans la salle d’accouchement. Je mets une culotte avec des couches pour le sang qui risque de couler encore un peu. Et enfin Loïc me tend Philémon.

Je le prend sur moi, tout n, avec juste un petit bonnet sur la tête en forme de pointe. Je suis très heureuse et remercie Annie. Je suis aussi très fière de moi, d’y être arrivé toute seule. Et j’ai l’impression que l’accouchement est une épreuve pour que la femme devienne mère. Je me sens mère.

 Loïc aussi est fier de moi, il me dit que je l’ai beaucoup impressionné, par ma force et ma capacité à vivre tout ça. La douleur surtout. Je suis heureuse.

 Philémon cherche le sein, Annie dit qu’il faut le laisser le trouver tout seul. Qu’alors il aura un bon réflexe de succion.

Je l’aide tout de même un peu.

Et maintenant il tète.

Me voilà maman. C’est fou !

C’est même incroyable. Et ça c’est fait tout seul ! C’est très fort comme émotion.

Loïc va chercher l’appareil photo, et prend quelques clichés inoubliables !

 Nous avons deux heures devant nous avant de rejoindre ma chambre.

Ça passe très vite.

Une puéricultrice prend Philémon pour l’habiller, pendant que l’on me ramène dans ma chambre. Elle me demande si je veux le garder pour la nuit. Drôle d’idée ! Bien sûr ! Mon bébé ne me quittera pas ! Je trouve incroyable d’enlever un bébé à sa maman, comme ça, la première nuit. Loïc part donner quelques coup de fil. On me ramène Philémon, langé, habillé et bagué (!) dans un lit tout vitré. Je le reprend vite près de moi, et lui enlève son pyjama, il fait très chaud.

 

 

 

 

 

Il restera tout le séjour hospitalier dans mon lit. Une infirmière a bien essayé de me dire que je pouvais l’écraser où le faire tomber, mais devant ma détermination (un peu moqueuse) elle a quitté la chambre sas insister. Loïc revient dans la chambre. Il reste tard. Mais il ne pourra pas dormir à côté de nous. On ne déplie les lits de camps que pour les chambres individuelles remboursées par les mutuelles, que nous n’avons pas.

Tant pis ! Le lit à côté de moi est vide en plus !

Nous avons une première visite, ce samedi soir.

C’est sympa. Je suis en pleine forme, et n’arriverai pas à dormir les deux premières nuits. Tellement je suis excitée. Les amis qui passent le week-end m’amène plein de choses : des fruits secs, des tomates du jardin, des melons... C’est super !

Je resterai 5 jours à l’hôpital. C’est un peu long.

Heureusement l’ambiance est assez sympa. Les infirmières font attention. Elles n’allument pas la lumière en entrant dans la chambre, ne passe pas très tôt le matin, ni très tard. Elles essayent d’être discrètes. Les puéricultrices nous laissent faire les toilettes et bains du bébé et sont la pour les conseils. Philémon n’aime pas le bain les deux premiers jours, il crie. Après ça ira.

Je me demande tout de même ce que je fais là, je me sens en pleine forme, Philémon va bien, tète bien. Je rentrerai bien chez moi.

Le deuxième jour, mes seins deviennent énormes, c’est vraiment impressionnant. C’est la montée de lait. Je n’ai aucune douleur, je suis juste impressionnée par l’ampleur de la chose ! ! Les puéricultrices distribuent une double page de recommandations pour les femmes qui allaitent, et j’ai aussi un document par une femme qui passe pour le don de lait.

Je donne le sein à la demande et un peu de chaque sein s’ils sont bien gonflés autrement l’un ou l’autre à chaque tétée. Annie passe me voir le mardi suivant, me dit que si je lui donne trop souvent je vais le gaver. Et ça ne lui est sûrement pas agréable d’être gavé. Elle me dit que 5 tétés suffisent amplement !

Moi qui lui donne toutes les deux heures voir moins ! !

Sa réflexion me perturbe un peu. Heureusement que ma sœur me téléphone et que je peux en parler avec elle.

Enfin mon allaitement sera sans problème. Deux femmes vont passer dans ma chambre pendant mon séjour. La première attend une chambre individuelle. Elle va accoucher, elle ne sait pas si elle demandera la péridurale et n’allaitera pas son bébé. Nous parlons c’est sympa. Elle est complètement sûre d’elle.

La deuxième, c’est plus dur. Son mari ne voulait pas rester. Elle soufrait en silence, sans bouger. Pourtant je lui ai montré toutes les positions que je connaissais, je lui ai dit qu’elle pouvait bouger, déambuler, que cela ne ma gênais pas, j’ai dit au mari que c’était super important que l’homme reste auprès de sa femme pour l’accouchement,... J’ai appris plus tard qu’elle avait eu une césarienne...

 J’ai eu d’autres visites qui m’ont moins plus. De la famille qui a fait salon dans notre chambre, à rire fort et parler de leurs vacances. J’ai été soulagée de les voir partir. Une hôpital tout le monde peut passer. Tandis qu’à la maison, c’est plus intime. Et puis aussi plus grand. Les invités peuvent aller voir la maman et son bébé, puis passer un moment dans une autre pièce avec le père, etc...

 Enfin, j’étais bien content de retrouver notre petit studio mezzanine, avec notre bout de jardin, où un saule-pleureur nous faisait une bonne ombre, et de mouvements de feuilles que Philémon aimait regarder.

JE pensais que mon accouchement s’était bien passé et c’est en partie vrai.

Mais plus tard , Agnès, ma sœur m’a dit :

« Tu vois, à la maison, un accouchement c’est comme un ciel bleu, sans nuage...

Hé oui, moi j’ai eu quelques nuages...

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